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Bassin Adour-Garonne

Edito d'Elodie GALKO

#149

"Adapter nos usages, renforcer la sobriété et accélérer les actions de long terme sont désormais indispensables."
Elodie GALKO, Directrice générale de l'Agence

Alors que l’ouest de la France vient de traverser un épisode de forte chaleur en plein mois de mai, les modèles de Météo-France annoncent un été probablement plus chaud que les normales de saison, et nous devons anticiper de nouvelles tensions sur la ressource en eau.  

2018, 2019, 2022, 2023, 2025, les épisodes caniculaires et les sécheresses ne relèvent plus de l’exception mais d’une nouvelle norme avec laquelle nos territoires doivent composer. 

Face à cette évolution, avant l’été, la gestion de l’eau s’organise autour de quatre axes essentiels : observer, prévoir, agir et contrôler. Les outils de surveillance des milieux permettent aujourd’hui de suivre avec précision les débits des cours d’eau, les niveaux des nappes phréatiques ou encore l’évolution des températures et des précipitations. Ces données alimentent les scénarios nécessaires à la gestion de la période de tension. Le soutien d’étiage dont le modèle vient d’être renforcé est un outil clé durant toute cette période. Il permet d’organiser des lâchers d’eau depuis des retenues, pour maintenir les débits de nos cours d’eau.  

Lorsque la situation l’exige, les préfets mettent en œuvre des mesures de restriction afin de préserver les usages prioritaires et les milieux aquatiques. Les services de l’État et l’Office français de la biodiversité veillent ensuite au respect de ces dispositions. 

Mais la gestion de crise ne peut être notre seul horizon. Elle coûte chers aux acteurs économiques et aux écosystèmes. Pourtant si chaque printemps-été rappelle l’urgence d’agir, l’automne et l’hiver effacent trop rapidement la mémoire collective des tensions traversées. 

L’enjeu est donc de maintenir nos engagements entre deux périodes estivales, de poursuivre les efforts même lorsque la pluie revient et que les restrictions s’allègent. Adapter nos usages, renforcer la sobriété et accélérer les actions de long terme sont désormais indispensables.  

Car les impacts du changement climatique s’intensifient, et nos réponses doivent sortir d’une logique de crise et de décisions sous tension pour s’inscrire dans un effort continu. 

Sortir d’une logique d’action court-termiste, c’est engager dès aujourd’hui une gestion de l’eau plus résiliente et durable, capable d’anticiper plutôt que de subir et de se tenir à la hauteur des défis climatiques qui s’installent durablement sur nos territoires.