Bassin Adour-Garonne
" J’ai compris que l’eau ne relevait pas uniquement de problématiques environnementales, mais aussi de choix de société. "
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Marie CELHAIGUIBEL, représentante jeunesse au Comité de bassin répond à nos questions et revient sur la naissance de son engagement pour l’eau du grand Sud-Ouest.
Pouvez-vous nous raconter les débuts de votre prise de conscience des enjeux liés à l’eau ?
J’ai grandi au Pays basque, dans un environnement très proche du vivant, où l’eau faisait partie du quotidien, notamment à travers les pratiques sportives et le cadre de vie. Cette proximité m’a sensibilisée assez tôt aux enjeux environnementaux, d’abord à travers des questions de pollution et de consommation.
Mais les enjeux liés à l’eau se sont imposés plus tard, de manière plus structurée, au cours de mes études en biologie. Un moment clé a été ma participation au programme Odyssy, qui m’a permis de découvrir l’ampleur et la complexité des enjeux liés à l’eau, et surtout leur dimension souvent invisible : gouvernance, partage de la ressource, décisions collectives.
Cela a marqué un tournant : j’ai compris que l’eau ne relevait pas uniquement de problématiques environnementales, mais aussi de choix de société.
À quel moment cette compréhension s’est-elle transformée en envie d’agir concrètement ?
Le passage à l’action ne s’est pas fait d’un seul coup. Il s’inscrit dans un cheminement personnel, nourri à la fois par une forme d’éco-anxiété et par une envie de ne pas rester uniquement dans la compréhension des problèmes.
Ce qui a été déterminant, c’est le cadre collectif. Rejoindre le réseau des jeunes ambassadeurs de l’eau m’a permis de ne plus être seule face à ces enjeux, de partager des réflexions, et surtout de trouver des moyens concrets d’agir. Le collectif donne une légitimité, mais aussi une capacité d’action.
Mon engagement s’est ensuite prolongé au comité de bassin Adour-Garonne, où j’ai saisi l’opportunité de représenter le réseau des jeunes ambassadeurs. Cela m’a permis de mieux comprendre les espaces de décision et d’y prendre part.
Aujourd’hui, en tant que jeune ambassadrice de l’eau et membre du comité de bassin, comment transformez-vous cette compréhension des enjeux en actions ?
Dans mon rôle au comité de bassin, je participe aux instances pour relayer des réflexions issues du réseau et contribuer aux discussions. En parallèle, mon alternance au sein de la Communauté d’agglomération Pays basque me permet de travailler concrètement sur la mise en place de solutions fondées sur la nature pour la prévention des inondations.
Cette approche repose sur une conviction : face aux changements en cours, il ne s’agit plus uniquement de « lutter », mais de s’adapter en s’appuyant sur le fonctionnement des écosystèmes.
Ces expériences m’ont aussi amenée à prendre du recul sur les échelles d’action. Après avoir participé à des événements internationaux, j’ai réalisé à quel point l’échelle locale est essentielle : c’est là que les actions prennent forme et que leurs effets deviennent visibles.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, l’agence publie un guide pour diffuser les enjeux vers un public toujours plus large, qu’en pensez-vous ?
Je trouve cette initiative particulièrement intéressante, notamment parce qu’elle permet de rendre les enjeux liés à l’eau accessibles à un public large. C’est typiquement le genre de support que je peux partager avec mes proches, par exemple mes parents, pour ouvrir la discussion et mieux comprendre ce qui se joue au quotidien autour de l’eau.
Ce type de document constitue un socle essentiel. Mais pour qu’il soit pleinement utile, il doit s’accompagner d’une appropriation locale et de dispositifs de médiation. De nombreux outils existent déjà pour cela, portés par des acteurs spécialisés.
L’enjeu est donc de créer du lien entre ces différents niveaux : produire de la connaissance, la rendre accessible, et permettre à chacun de s’en saisir concrètement
L’enjeu aujourd’hui n’est pas seulement de sensibiliser, mais de permettre à chacun de trouver sa place dans l’action.